80 jeunes, venus d’une dizaine de pays, réunis pendant une semaine à Massabielle. Beaucoup d’embrassades, de prières, de rires et de photos devant Notre-Dame de Paris… À l’occasion des 50 ans des Équipes Notre-Dame Jeunes, les ENDJ — ou YTOL (Youth Teams of Our Lady) — ont fait résonner en France la joie et l’énergie d’une foi cosmopolite.
Ils venaient d’Amérique du Nord et du Sud, d’Europe, d’Afrique et d’ailleurs. Certains se connaissaient déjà, d’autres se rencontraient pour la première fois. Mais en quelques jours, les barrières de la langue, de la culture et de la distance semblaient avoir disparu.
Le rendez-vous était donné à la Maison du Couple de Massabielle, près de Paris, pour une semaine de rassemblement placée sous le regard de Marie et autour d’une parole de Jésus sur la Croix : « Voici ta mère » (Jn 19, 27).
Une semaine pour découvrir Marie… et se découvrir soi-même
Six prêtres accompagnaient les jeunes et ont aidé à l’animation du programme placé chaque jour sous la responsabilité d’un pays différent. À travers conférences et échanges, les participants ont un parcouru les grands dogmes mariaux proclamés par l’Église au fil des siècles.
Mais la semaine n’était évidemment pas qu’une succession de conférences ! La découverte de Paris et de ses lieux spirituels a occupé une place importante. Une journée a conduit les jeunes de la chapelle de la Médaille miraculeuse, où ils ont célébré la messe, à Saint-Sulpice, avant de terminer au Sacré-Cœur par un temps de prière. Un autre temps fort fut la messe célébrée à Notre-Dame de Paris par Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre, pour célébrer le jubilé des ENDJ, le samedi 1er Aout.
Et puis il y avait tout le reste : les repas, les échanges, les chants, les éclats de rire, les discussions qui se prolongent tard le soir… Tout ce qui fait la richesse d’un rassemblement de jeunes.
Une Église qui parle plusieurs langues
Dans ce rassemblement international, la langue commune était l’anglais, avec l’espagnol comme autre langue largement partagée. Et la technologie est venue donner un petit coup de pouce à la Pentecôte !
Pendant les conférences, le prêtre ou l’intervenant pouvait parler dans sa propre langue tandis qu’une traduction automatique en anglais, réalisée grâce à l’intelligence artificielle, apparaissait en direct sur l’écran de l’auditorium ou sur celui du téléphone portable des participants, chacun dans sa langue.
Une belle image de ce que furent les ENDJ pendant cette semaine : des jeunes différents par leur langue et leur culture, mais cherchant à se comprendre et voulant prier ensemble.
« En 1970, nous étions 15 jeunes au rassemblement des END à Rome … »
Parmi les moments les plus marquants du rassemblement, la rencontre avec Christine Magne-d’Amonville, l’une des fondatrices des ENDJ, a permis de remonter aux sources de l’aventure. Christine est la fille de Louis et Marie d’Amonville, choisis par le père Caffarel pour devenir responsables internationaux des END. Elle était donc aux premières loges lorsque les ENDJ ont commencé à prendre forme.
Elle raconte : « En 1970, il y a eu un rassemblement des END à Rome. Mes parents étaient très engagés dans le mouvement, me laissant souvent seule pendant les week-ends. Maman a eu envie de nous permettre, à nous les enfants des responsables, d’être associés à ce temps fort, un peu pour se faire pardonner de nous “abandonner” si souvent ! Ce fut un temps merveilleux. Nous étions 15 jeunes francophones. Une semaine à Rome, en participant aux temps forts dans les grandes basiliques, aux catacombes, en rencontrant le pape, et en faisant du tourisme… »
Six ans plus tard, l’idée grandit : pourquoi ne pas proposer cette expérience à tous les enfants majeurs d’équipiers ? En 1976, 120 jeunes de plusieurs pays se retrouvent ainsi à Rome. Le pèlerinage est préparé avec le père Thomazeau, quelques couples des END et une petite équipe de jeunes. Et au retour, quelque chose a changé. « Nous avons eu envie de poursuivre en constituant des petites équipes de partage : partage de vie, partage de prières, partage autour de thèmes de foi. »
Puis viennent les rassemblements estivaux et la volonté de structurer le mouvement. « En 1977, un nouveau rassemblement a lieu à Notre-Dame du Laus : une bonne centaine de jeunes, sous les tentes, dans un cadre magnifique… avec des lavabos à l’extérieur et des douches froides ! ». L’histoire des ENDJ était lancée.
Un mouvement qui ressemble beaucoup aux END
Cinquante ans plus tard, les fondamentaux n’ont pas vraiment changé. Les ENDJ proposent à des jeunes célibataires de se retrouver régulièrement en petites équipes, généralement de 7 à 10 personnes, accueillies chez un couple des Équipes Notre-Dame qui ouvre sa table et participe comme les jeunes. Autour d’un repas, avec si possible la présence d’un conseiller spirituel, quatre temps structurent la rencontre : la mise en commun, le partage autour de la règle de vie de chacun, la prière et le thème. On retrouve donc chez les ENDJ une intuition très proche de celle des END : la foi vécue dans la durée, en équipe, dans la simplicité des relations fraternelles.
Le mouvement s’est également structuré à l’image des END, avec des responsables nationaux qui se retrouvent régulièrement en collège. Des rassemblements internationaux sont organisés tous les deux ans dans différentes régions du monde.
Les ENDJ aujourd’hui comptent environ 7 500 équipiers dans le monde. Le mouvement est présent en Amérique du Nord (USA et Canada), en Amérique Latine (Brésil, Colombie, Costa Rica, Paraguay, Equateur, Panama, and Pérou, en Europe (Portugal et Espagne), en Afrique (Angola et Maurice) et également au Moyen Orient avec une équipe au Liban et en Syrie. Dans le passé, les ENDJ ont aussi été actives en France, Belgique, Angleterre, Suède et Afrique du Sud. Le premier pays en nombre de membres est le Portugal avec près de 3 000 équipiers et le second est le Brésil. Les membres sont des jeunes célibataires de 16 à 35 ans.
Et la France ?
C’est peut-être là que se trouve l’un des enjeux majeurs de ce jubilé. Car si les ENDJ sont bien vivantes dans de nombreux pays, le mouvement est aujourd’hui en sommeil en France et dans le Benelux francophone.
Les jeunes réunis à Massabielle ont pourtant clairement exprimé leur désir de voir renaître les ENDJ dans la région francophone. Lors de la messe à Notre-Dame de Paris, Mgr Matthieu Rougé a lui aussi souligné l’intérêt d’une telle proposition pour les jeunes d’aujourd’hui, notamment dans un contexte où les catéchumènes adultes sont de plus en plus nombreux. Les ENDJ peuvent offrir un cadre pour approfondir sa foi après le catéchuménat, apprendre à vivre la fraternité chrétienne et inscrire sa vie spirituelle dans la durée.
Et peut-être répondent-elles aussi à une attente très actuelle comme nous y appelle le pape Léon XIV dans son encyclique Magnifica Humanis. Dans un monde où les jeunes sont hyperconnectés mais parfois en manque de relations réellement incarnées, prendre le temps de se retrouver, de partager un repas, de prier ensemble, de parler en vérité et de construire une amitié dans la foi apparaît presque comme une proposition révolutionnaire.
Un appel lancé aux couples des Équipes Notre-Dame :
Et si vous ouvriez votre maison et votre table pour accompagner une équipe de jeunes ?
Un appel enfin à l’ensemble du mouvement :
Et si nous aidions cette belle aventure, née il y a 50 ans au sein de notre mouvement, à retrouver une nouvelle jeunesse en France ?
Pour nous qui avons eu la joie d’accompagner, pendant ces six derniers mois, l’organisation matérielle de ce jubilé comme correspondants locaux à la demande de Jean et Monique Debrez, responsables de la Super-région FLS, cette expérience aura été bien plus qu’une mission d’organisation. Elle nous aura permis de rencontrer des jeunes internationaux rayonnants de leur engagement dans la foi, mais aussi de découvrir, avec Christine notamment, l’histoire et les racines d’un mouvement issu des END que nous connaissions finalement assez peu.
Nous rendons grâce pour ces rencontres et pour ce qui a été vécu à Massabielle. Et nous voulons nous faire les porte-paroles d’un immense merci aux équipes de la Maison du Couple, et tout particulièrement à Valérie, sa directrice, et à son époux Éric. Pendant une semaine, ils ont transformé Massabielle en une maison de pèlerinage joyeuse pour 80 jeunes venus du monde entier. Ils ont parlé anglais, espagnol et portugais, accueilli, organisé, improvisé… et probablement beaucoup moins dormi que d’habitude !
Quelques jours plus tard, devant Notre-Dame, les ENDJ se sont quittés dans un dernier tourbillon d’embrassades, de « see you soon » et de photos
Ann Boylan Mesnard

