J’ai grandi grâce à toi
Vivre à tes côtés me conduit à grandir : ta forme d’esprit n’est pas la mienne, nos points de vue sont diamétralement opposés. Dans la compréhension des relations humaines comme de notre vie spirituelle, échanger à cœur ouvert avec toi, mon mari, est toujours enrichissant.
Ta générosité prend le relais de la mienne quand je m’agrippe à mes précieux biens, en particulier mon temps et celui de notre couple. Je me souviens par exemple d’un jour où je grommelais contre une amie dont j’avais gardé le fils pour lui permettre de préparer un concours, mais qui avait employé son temps libre à tout autre chose. À toi seul, je pouvais exprimer ce dépit, et grâce à toi, par ta réponse en boutade inspirée : « Donne, donne, donne ! », j’ai pu comprendre que ce que j’avais décidé de donner ne m’appartenait plus !
Donner, sans retour et le cœur joyeux, est parfois un combat et quand je risque d’abandonner, de resserrer mes doigts et mon cœur, c’est souvent toi qui m’appelle à les ouvrir.
J’ai aussi grandi grâce à toi
Avec toi, ma femme, j’ai construit une famille et un foyer. Il n’est pas exactement comme je l’imaginais ! Tu l’habites à ta manière, qui est si différente de la mienne. Et pourtant c’est bien mon foyer.
Ton audace, tes attentes, me poussent à me dépasser. Quels projets aurais-je lancés si tu n’avais pas été à mes côtés ? Si nous n’avions pas notre famille à faire grandir. Tant de choses dans lesquelles je me sentais faible et où pourtant j’ai pu oser grâce à toi et ainsi pu grandir.
Je me souviens en particulier de cet engagement un peu fou de week-end avec des enfants handicapés, je me souviens aussi de ce service d’Église exaltant où il nous a fallu tout lâcher de nos habitudes et de notre confort, ou encore de ce déménagement en Angleterre, nous qui n’avions pas quitté le même pâté de maison depuis notre enfance.
Oser, en oubliant un peu les risques et le regard des autres, pour nous ouvrir aux autres et finalement recevoir en abondance.
Nous voyons-nous grandir ?
Au quotidien, nous n’avons jamais pu nous dire : « Oh ! Merveille ! Comme nous croissons en amour et en sainteté ! »
Malheureusement, nous constatons souvent que nos vieux travers persistent, nos sujets de dissension demeurent. Nous qui nous efforçons de laisser Dieu nous modeler et de nous ajuster l’un à l’autre à travers le Devoir de S’Asseoir et nos pardons, nous pourrions être guettés par le découragement !
Un petit regard en arrière nous montre cependant que nous avançons. Appelés récemment à un service assez chronophage en couple, nous choisissons d’accepter ensemble, parce que l’un sent que c’est bon pour notre couple. Impliquant d’abandonner d’autres activités, ceci nous coûte.
Pourtant, à la faveur de ce choix, c’est une nouvelle dimension de chacun de nous et de notre couple qui se déploie. Nous nous découvrons de nouvelles sources de joie et de croissance.
Je te vois mettre en œuvre tes compétences professionnelles. Mes intuitions nous font avancer, tu t’appuies sur ma capacité à tisser des liens et à comprendre les personnes. Nous découvrons de nouvelles réalités. Nous sommes plus souvent absents, les enfants doivent donc apprendre à faire avec, et, tout compte fait, c’est l’heure pour eux. Ils grandissent eux aussi et c’est l’occasion pour nous de leur laisser plus d’espace.
Bérengère et Aymeric Dessus de Cerou
équipe Rueil 15

