L’hospitalité : comment la vivre à deux ?

Nous voulons faire de notre foyer une maison ouverte et accueillante ». Voilà ce que nous retrouvons dans la déclaration d’intention de notre mariage rédigée il y a maintenant une cinquantaine d’années. Bien sûr, durant nos premières années de mariage, cet accueil a été principalement celui de nos proches (arrivée de nos enfants dans nos vies, famille, amis…). L’accueil était naturel et facile.

En 2013, le pape François prône l’accueil des migrants par les paroisses. Nous sommes alors sollicités par notre curé pour l’organisation de l’accueil et l’intégration d’une famille syrienne. Il s’agissait d’hospitalité de nature très différente de celle que nous imaginions et nous commençons à réaliser tout ce qu’implique une hospitalité offerte à des inconnus… mais « à distance », c’est à dire hors les murs de notre maison.

Le Seigneur étant persévérant, il nous incite à aller plus loin en nous donnant à vivre d’autres expériences.

Ainsi, en 2019, nous écoutons enfin l’appel de Jesuite Refugee Service (JRS) dont nous avions entendu parler à diverses reprises, notamment dans la Lettre ! L’objectif de cette association est d’accueillir les personnes demandeuses d’asile et de faciliter leur intégration en prenant chaque jour un temps d’échange autour d’un repas. Sur le moment, la marche nous a paru un peu haute. Faire entrer dans notre maison un étranger et lui en donner un jeu de clés, est déstabilisant.

Rassurés par le soutien de JRS, nous avons été poussés par une « petite voix » qui nous a fait remarquer que nous avions de la place à la maison, les enfants étant partis. Nous avons alors dit oui pour héberger, une fois par an, un demandeur d’asile pendant six à huit semaines, c’est-à-dire entre deux périodes scolaires, ce qui nous convenait pour poursuivre l’accueil familial.

C’est ainsi que, sans quitter notre domicile, nous avons voyagé en Guinée Conakry, en Iran, en Afghanistan et au Tibet. Il s’agit chaque fois d’ouvrir sa porte à l’étranger, de découvrir sa langue, sa culture, sa religion et de l’accepter tel qu’il est. Cela n’a pas toujours été facile, mais nous avons eu de belles rencontres.

Enfin, depuis l’année dernière, notre paroisse a mis en place un accueil solidaire qui héberge plusieurs nuits par semaine des personnes de la rue dans des locaux dédiés et dans ce cadre, nous assurons de temps en temps un accueil de nuit (dîner, nuit sur place et petit déjeuner). Là encore, nous avons appris à passer de la pitié à la compassion en accueillant et en prenant soin de l’autre.

Ce dont nous prenons conscience au travers de ces différentes expériences, c’est qu’en offrant l’hospitalité, nous nous donnons la possibilité d’accueillir Dieu en personne. Et c’est cette prise de conscience qui nous aide à accepter de nous décentrer, de sortir de notre zone de confort et d’avoir l’humilité de ne pas toujours comprendre le comportement de celui que Dieu a mis sur notre chemin.

Marie-Hélène et Michel Maruenda
équipe St Germain 13
Extrait de la Lettre 266 juin/septembre 2026

Faites grandir les couples dans la foi