Prions avec ce beau texte qui nous a été donné lors du témoignage au Pique-Nique du 21 sept 2014

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 de Gustave Thibon- Notre regard qui manque à la lumière, extrait du chapitre Mythe et réalité de l'amour.

 
Nous sommes faits pour le sensible et pour le divin. Nous rêvons en même temps à la « chaleur du sein » et à la plénitude spirituelle. Et c’est pour cela que nous tombons si facilement dans le piège de l’amour humain. Quand la beauté sensible s’offre à nous, nous ne pouvons pas l’accueillir comme telle, c’est-à-dire comme une chose éphémère et limitée, et nous lui demandons d’étancher notre soif de mystère et d’absolu. Qu’est-ce que nous attendons de la femme, sinon un Dieu que nous puissions serrer dans nos bras et baiser sur les lèvres, la preuve de l’esprit par les sens et de l’éternel par le temps – jusqu’à l’heure inéluctable où nous apercevons que ce que nous étreignons en elle ce n’est pas Dieu, mais notre désir égaré et incurable de Dieu. Heureux alors – et c’est la seule chance de survie de l’amour humain – si nous découvrons que cet être impuissant à nous désaltérer souffre au moins de la même soif et si nous pouvons associer nos deux misères dans une prière unique. Il ne s’agit pas de trouver Dieu l’un dans l’autre, mais de chercher Dieu ensemble.
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