Connaissez-vous Marie ?

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Extraits d’une conférence du père Caffarel à Troussures « Présence à Marie »


Jésus-Christ de tout l’amour qu’il avait pour Marie, a voulu associer Marie à toute sa vie.

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Et par conséquent, il a voulu que la maternité spirituelle de Marie s’exerce auprès de tous les hommes. Nous touchons là le grand secret de la place de Marie dans le monde. On ne comprend rien à Marie si l’on ne voit pas cette unité de Jésus-Christ et de Marie. Ils ont été un sur terre, ils sont un dans le ciel, ils sont un pour l’éternité, ils ne font qu’ un. Ça c’est le rêve de tous ceux qui s’aiment, Jésus-Christ et Marie n’ont pas pu ne pas connaître ce rêve de ne plus faire qu’ un. Et de fait ils sont un.

Alors on peut appliquer à Marie et à Jésus cette phrase « S’aimer c’est se donner l’un à l’autre pour se donner ensemble ». Jésus et Marie se sont aimés, donnés l’un à l’autre très parfaitement pour se donner ensemble, se donner ensemble à tous les hommes.


Quel doit être notre culte envers Marie ?

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Si nous aimons Marie, si nous l’admirons, nous ne pouvons pas ne pas essayer de nous demander mais qui est Marie ? Et nous ne pouvons pas ne pas essayer de connaître Marie toujours davantage.

L’amour exige la connaissance. Quand on désire l’union avec un être, on désire l’union avec cet être présent mais avec son passé aussi. Donc si nous aimons Marie, nous devrions désirer la connaître et par conséquent il ne peut pas y avoir dans notre vie place pour cette méditation des grandeurs, des beautés, des perfections de Marie.

Il y a bien des manières d’essayer de la connaitre, par exemple nous pouvons voir ce qu’elle est pour chacune des personnes divines.

Pour le Père, elle est celle de toutes les femmes qui a été choisie entre toutes pour être mère de son Fils, vous pensez bien que le Père pour son Fils, a dû choisir une femme absolument exceptionnelle et la combler de ses dons. Exceptionnelle par ce que comblée de ses dons, c’est pour quoi on dit de Marie qu’elle a été conçue immaculée et qu’elle n’a pas eu la moindre trace de péché originel et la faveur purement gratuite de Dieu pour elle. Donc elle est l’enfant chérie du Père celle qui précisément a été complice avec lui de cette œuvre extraordinaire l’incarnation de son Fils. Celle qui a donné de sa chair pour que son Fils devienne chair, pour que son Fils devienne homme. Cette collaboration du Père avec Marie fait qu’elle a une place absolument unique dans le cœur du Père.

À l’égard du Fils, elle est sa mère. Celle à qui le Fils doit tout de son existence temporelle, elle est cette mère que le Fils a dû chérir d’une façon exceptionnelle.

Les juifs savaient qu’il fallait honorer son père et sa mère. Avec quelle infinie tendresse le Fils de Dieu a dû honorer sa mère ! et il faudrait que nous devinions quelque chose de cette tendresse de Jésus depuis ce petit enfant qui sourit à sa mère, en passant par le jeune garçon, en passant par le jeune adolescent, en arrivant à l’homme adulte, ce qui est extraordinaire, l’amour qu’il y avait dans le cœur du Christ à chacune des étapes de sa vie.

Je n’ai pas besoin d’insister et finalement, il y a bien cet amour privilégié dont je parlais tout à l’heure de l’amour de Jésus adulte et de Marie. J’ai toujours regretté qu’aucun peintre, à mon avis, n’ait représenté en tête-à-tête Jésus adulte et sa mère. J’aimerais quant à cette idée-là, et d’ailleurs ce serait impressionnant de voir la ressemblance du Fils avec sa mère, parce que ceux qui naissent, qui viennent au monde ressemblent à leur père ou à leur mère et quelquefois un mélange des deux ; mais Jésus ne tient sa vie terrestre que de Marie par conséquent il devait être le reflet même de Marie.

Parlons du Saint-Esprit, la relation entre Marie et le Saint-Esprit est très privilégiée aussi parce que le Saint-Esprit a trouvé en elle un être sans l’ombre d’une résistance à son action. Les hommes, même les saints, sont des œuvres de l’Esprit-Saint, mais plus ou moins parfaites, parce que tous les hommes, même les saints, sont imparfaits. Tandis que Marie, n’ayant à faire aucune résistance, on peut dire que le Saint-Esprit a pu déployer tout son art pour faire de Marie la sainte parfaite entre toutes les saintes. C’est pourquoi certains pères de l’Église autrefois disaient de Marie qu’elle était « le visage humain de l’Esprit-Saint ». Bien sûr, si une œuvre d’art exprime quelque chose de l’artiste, traduit la vie intérieure de l’artiste ; Marie traduit très parfaitement toute la richesse de sainteté du Saint-Esprit. Je dis « toute », non parce que sa richesse est infinie et il n’a pas pu la communiquer toute entière à Marie. Il n’empêche que Marie est son chef-d’œuvre !

C’est bon de la voir « enfant chérie » du Père, c’est bon de la voir avec son Fils tout au long de l’évolution de la vie de son Fils, et c’est bon de voir par transparence en elle : l’Esprit-Saint. Si nous comprenons bien Marie, nous comprenons quelque chose de l’Esprit-Saint.

Étant donné tout ce que nous venons de dire, on comprend que l’Église l’ait appelé : Théotokos (Θεοτόκος ce qui veut dire : mère de Dieu). Elle est vraiment la mère de Dieu parce que son Fils est vraiment Dieu. C’est tout simple !

Connaître Marie… mais également connaître la mission de Marie, simplement, sachant qu’elle est la mère de l’Église et qu'elle est la mère des hommes. Quand Jésus-Christ sur la croix a dit à Jean « Voici ta mère » et Jean l’a prise chez lui, le Christ a laissé entendre que ce n’était pas seulement Jean qui devait considérer Marie comme sa mère mais que c’était tous les chrétiens. Jean était là le représentant de l’humanité.

C’est chacun de nous qui devrions, comme Jean, la prendre chez nous : Marie devrait être l’hôte de toute notre demeure, plus exactement l’hôte de notre vie intérieure.