Citations du Père Henri Caffarel

Version imprimableVersion imprimable

RECUEIL DE CITATIONS

Chaque jour avec le père Caffarel
Les Équipes Notre-Dame vous proposent de relire la pensée du père Caffarel, fondateur de notre mouvement, à travers un recueil de 53 citations datées du 25 mars au 16 mai 2020 et élaborées spécialement pour le temps de confinement.
LIRE LE RECUEIL



CITATIONS

Nous fêterons le 7 juin la sainte Trinité. Nous vous proposons tout au long du mois, au rythme d’un par semaine, des extraits d’un texte rédigé en 1967 par le père Caffarel sous le titre « un seul Dieu tu adoreras ».


► 31 mai 2020. Pentecôte
Le Dieu des chrétiens, c’est le Dieu-Trinité.

Le Dieu des chrétiens, c’est le Dieu-Trinité. Le Dieu, dont la vie intime était insoupçonnée des hommes, aussi bien des philosophes et des fondateurs de religions que des êtres les plus simples, avant que Jésus-Christ ne la révèle.

[…]

Aussi bien, qui se veut vrai disciple de Jésus-Christ doit s’efforcer de connaître toujours mieux le mystère primordial afin d’y adhérer, de l’aimer, d’en vivre et de le faire connaître

[…]

Je voudrais donc essayer de vous faire entrevoir quelque chose du mystère trinitaire. Et je m’appuierai sur des réalités humaines qui vous sont familières : la paternité et l’amour conjugal.

Le Père

Si Dieu existe, c’est un vivant. Le Dieu vivant. Et quelle est la plus haute manifestation de la vie : l’amour. Ce n’est ni la vie végétative, ni l’activité physique, ni même la vie intellectuelle.

[…]

Il est un amour privilégié entre tous. Alors que tous les autres amours consistent à enrichir et combler un être déjà existant, celui-ci consiste d’abord à faire exister, à donner la vie en se donnant : l’amour paternel.

Si Dieu aime et s’il se donne, puisqu’en dehors de lui rien n’existe, ce ne peut donc être qu’à un être qu’il fait surgir dans l’existence. S’il aime, c’est d’un amour paternel. Il est Père, parfaitement Père, lui qui donne l’être, qui appelle à l’existence, qui communique sa vie et non pas en donnant quelque chose de soi mais soi-même, tout soi-même, et en plénitude. Aussi bien le Fils est-il tout semblable à son Père : la puissance, la sainteté, la gloire divines resplendissent en Lui.

Mais Dieu n’est pas comme les pères de la terre. L’acte par lequel il engendre son Fils est un acte éternel. Le Père est une Source éternellement jaillissante (plenitudo fontalis). L’homme, lui, se fatigue d’aimer, de se donner : Dieu fait à son Fils un don sans réserve, sans intermittence.

Et se donner, pour Dieu comme pour l’homme d’ailleurs, ce n’est pas se perdre, annihiler sa personnalité, c’est au contraire, en se donnant, se trouver, s’affirmer : la source n’existe qu’en jaillissant. Dieu-Père ne réserve rien pour soi. Il ne se possède que pour se donner. Mieux, ce n’est qu’en se donnant qu’il se possède. C’est en engendrant son Fils qu’il est Père.

Et la perfection du Père réside en cet amour, en cette initiative d’amour qu’est la génération. Sa perfection est la perfection de son amour donnant. Un mot désigne cette perfection : générosité. La première personne en Dieu est la générosité même, la générosité personnifiée, la générosité en personne.

[…]

Je résume en une formule brève tout ce que je viens de vous dire du premier aspect, du premier visage de l’amour de Dieu : « Aimer c’est se donner – sans réserve, sans intermittence – dans un élan de générosité joyeuse ».

(À suivre)

► 30 mai 2020
À la naissance du Christ, à la naissance du Corps mystique, Marie est là.

Au jour de la Pentecôte, apôtres et disciples sont rassemblés au Cénacle. La Mère est au milieu de ses enfants. Tout à coup des flammes apparaissent, qui se posent sur eux et en font des hommes nouveaux. Emportés par l’allégresse et l’amour, ils courent annoncer les merveilles de Dieu.

Cette scène en évoque irrésistiblement une autre : à Nazareth, 33 ans plus tôt, Gabriel parle à Marie : « L’Esprit Saint viendra sur toi, la Vertu du Très-Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi l’Être saint qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu ». À la naissance du Christ, à la naissance du Corps mystique, Marie est là, donnée, consentante, et l’Esprit Saint intervient pour accomplir, avec son concours, l’œuvre de Dieu.

L’Anneau d’Or –  Numéro 57-58 – mai – août 1954
 

► 29 mai 2020
Dieu ne les [les saints] traitait pas comme des choses qu'on manipule, mais comme des libertés qu'on sollicite.

Chez les grands saints, chez la Vierge Marie, les plus véhéments élans d'amour envers Dieu, suscités en eux par l'Esprit de Dieu, requéraient toujours l'acquiescement de « Je » : Dieu ne les traitait pas comme des choses qu'on manipule, mais comme des libertés qu'on sollicite.

Cahiers sur l’Oraison n°169-170

 Jeudi 28 mai 2020
Il dépend de vous que chacune de vos oraisons soit une nouvelle Pentecôte.


Les apôtres n'ont reçu l'Esprit Saint que pour avoir « persévéré dans la prière, d'un même cœur, avec quelques femmes dont Marie, mère de Jésus »  (Ac 1, 14), dans l'attente de sa venue. Il dépend de vous que chacune de vos oraisons soit une nouvelle Pentecôte.

Cahiers sur l’Oraison n° 67 — décembre 1963

► 27 mai 2020
Marie nous apparaît comme cet être qui est le parfait enfant de Dieu.

Et puis Marie nous apparaît comme cet être qui est le parfait enfant de Dieu. Vous avez entendu ce mot de St Paul : « le vrai fils de Dieu c’est celui qui est mû par l’Esprit de Dieu ». Elle a été mue par l’Esprit de Dieu comme personne d’autre. En ce sens-là, elle doit être notre modèle.

Cahiers sur l’Oraison n° 67 — décembre 1963

 26 mai 2020
Si nous comprenons bien Marie, nous comprenons quelque chose de l’Esprit-Saint.

Donc, c’est bon de la voir enfant chérie du Père, c’est bon de la voir avec son fils tout au long de l’évolution de la vie de son fils, et c’est bon de voir par transparence en elle l’Esprit-Saint. Si nous comprenons bien Marie, nous comprenons quelque chose de l’Esprit-Saint.

Etant donné tout ce que nous venons de dire, on comprend que l’Eglise l’ait appelée « THEOTOKOS », ce qui veut dire « mère de Dieu ». Elle est vraiment la mère de Dieu, parce que son fils est vraiment Dieu. C’est tout simple !

Présence de Marie

 25 mai 2020
Le Saint-Esprit a pu déployer tout son art pour faire de Marie la sainte parfaite entre toutes les saintes.

La relation entre Marie et le Saint-Esprit est très privilégiée aussi parce que le Saint-Esprit a trouvé en elle un être sans l’ombre d’une résistance à son action. Les hommes, même les Saints sont des oeuvres de l’Esprit-Saint, mais plus ou moins parfaites parce que tous les hommes, même les Saints sont imparfaits tandis que Marie n’ayant à faire aucune résistance, on peut dire que le Saint-Esprit a pu déployer tout son art pour faire de Marie la sainte parfaite entre toutes les saintes. C’est pourquoi certains pères de l’Eglise, autrefois disaient de Marie qu’elle était le visage humain de l’Esprit Saint. Et bien sûr : si une œuvre d’art exprime quelque chose de l’artiste, traduit la vie intérieure de l’artiste, Marie traduit très parfaitement toute la richesse de sainteté du Saint-Esprit. Je dis « toute », non, parce que sa richesse est infinie, il n’a pas pu la communiquer toute entière à Marie, il n’empêche que Marie est son chef-d’œuvre.

(À suivre)

Présence de Marie

► 24 mai 2020
Que le foyer qui aspire à la venue de l’Esprit se souvienne […] des dispositions de la première communauté chrétienne.

Le modèle d’une communauté accueillante à l’Esprit est celle qui se tint dans la chambre haute d’une maison de Jérusalem où les apôtres, après le départ définitif de leur Maître, persévéraient d’un même cœur dans la prière, avec quelques femmes dont Marie, la mère de Jésus. Que le foyer qui aspire à la venue de l’Esprit se souvienne de ce modèle, des dispositions de la première communauté chrétienne : la foi en la promesse de Jésus, l’amour mutuel, la prière en union avec Marie. Et l’Esprit Saint alors pourra faire sa demeure en lui, comme en ces communautés chrétiennes auxquelles saint Paul rappelle qu’elles sont les demeures collectives du Saint-Esprit:  « L’Esprit Saint habite en vous », écrivait-il à l’Église de Corinthe (1 Co 3, 16 ; cf. 2 Co 6, 14-18 ; Ep 2, 19-22).

Henri Caffarel – L’Anneau d’Or –  Le mariage, ce grand Sacrement. numéro spécial 111-112 – Mai – Août 1963

 23 mai 2020
Marie se donne et en elle c’est cette même race humaine tout entière qui s’offre à l’Amour sauveur.

Remarquons que, par cette offrande, Marie engage bien plus qu’elle-même : le peuple d’Israël, et plus largement cette humanité dont elle est l’enfant miraculeuse. Elle les représente, les entraîne, les compromet. En elle, et par elle, ils se consacrent au Dieu vivant. « L’ancien monde, écrit Bernanos, le douloureux monde, le monde d’avant la grâce l’a bercée longtemps sur son cœur désolé : des siècles et des siècles — dans l’attente obscure, incompréhensible d’une virgo genitrix… des siècles et des siècles il a protégé de ses vieilles mains chargées de crimes, de ses lourdes mains la petite fille merveilleuse dont il ne savait même pas le nom » . — Et voici que ces vieilles, ces lourdes mains viennent de présenter au Seigneur une offrande sans tache.

Nous retrouvons pour la fille cette grande loi de solidarité qui joua en sens inverse pour la mère. Ève désobéit et sa race tout entière fut exilée de Dieu. Marie se donne et en elle c’est cette même race humaine tout entière qui s’offre à l’Amour sauveur. Dieu va pouvoir réaliser les anciennes promesses.

L’Anneau d’Or –  Numéro 57-58 – mai – août 1954

► 22 mai 2020
La virginité fut l’invention du plus grand amour.

La fréquentation des Écritures initie Marie à cette haute idée de Dieu qui domine toute la pensée et toute l’histoire de son peuple. Il est le Transcendant, le Tout-Puissant, le Saint, celui qu’on ne doit ni nommer ni représenter en images, celui dont on reconnaît la seigneurie par des sacrifices, depuis le sacrifice des prémices lui consacrant les premiers fruits de la terre jusqu’à l’holocauste qui consume entièrement la victime. Il est celui qui, à l’immolation des boucs et des taureaux, préfère encore le sacrifice tout intérieur d’un cœur pur et pénitent. Cette théologie est la nourriture spirituelle de Marie. Comment donc s’étonner que son âme d’enfant merveilleusement pure ait recherché quel sacrifice secret elle pourrait offrir au Seigneur. Alors en elle se forme la résolution de consacrer sa virginité : afin de rendre hommage à la Sainteté de Dieu, afin de lui témoigner son amour, impatient de se prouver. L’originalité et la portée de ce geste n’apparaissent bien que si l’on se rappelle que, chez les Juifs, la maternité n’était pas seulement une gloire humaine pour la femme, mais la meilleure preuve de la bénédiction de Dieu sur elle. La virginité fut l’invention du plus grand amour.

(À suivre)

L’Anneau d’Or –  Numéro 57-58 – mai – août 1954

► 21 mai 2020
Plus une femme est sainte, plus elle est femme.

C’est une femme, c’est la Femme. Son destin a ceci d’exceptionnel qu’il noue les trois aspects de la vocation de la femme, la virginité, le mariage, la maternité et les porte à un degré inégalable de perfection. Ce qui permet de répéter après Léon Bloy : « Plus une femme est sainte, plus elle est femme ».
[…]

Dès sa naissance, Marie aime son Dieu d’un amour qui ne rencontre en elle ni hésitation ni rivalité. D’étape en étape, cet amour va croître, s’intensifier jusqu’au jour où elle quittera la terre, ayant alors acquis cette inimaginable perfection dont seul son rayonnement dans l’espace et dans le temps peut nous donner quelque idée. Ainsi la véritable histoire de Marie, celle qui ne sera jamais écrite parce qu’elle est le secret du Seigneur, est l’histoire de ses assomptions dans l’amour de son Dieu.

(À suivre)

L’Anneau d’Or –  Numéro 57-58 – mai – août 1954

► 20 mai 2020
Méfions-nous toutefois d’une imagerie d’Épinal qui se complaît à opposer purement et simplement Ève et Marie.

Méfions-nous toutefois d’une imagerie d’Épinal qui se complaît à opposer purement et simplement Ève et Marie. D’un côté la femme qui croit aux propos de l’ange perfide et met en doute la parole divine, désobéit dans l’espoir de devenir semblable à Dieu et finalement engendre le fleuve de souffrance et de péché qui submerge le monde. De l’autre, celle qui croit ce qui lui est dit de la part du Seigneur, n’a pas d’autre ambition que d’être son humble servante et devient la source jaillissante de toutes les grâces. Si Marie est bien, en un sens, la vivante antithèse de sa malheureuse aïeule, elle est aussi et d’abord sa gloire, la fille de la Promesse, de cette mystérieuse promesse faite par Dieu sous forme de malédiction contre Satan en présence du couple pécheur : « Je mettrai des hostilités entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t’écrasera la tête et tu l’atteindras au talon ».

Adam et Ève, exilés du bonheur, emportèrent avec eux cette promesse. Elle fut leur espérance durant les labeurs, dans les souffrances de l’enfantement, à l’heure dramatique entre toutes où, devant le cadavre de leur fils Abel, ils mesurèrent les conséquences de leur péché. Leur lointaine Petite-fille était déjà l’espoir de ces premiers pécheurs. (À suivre)

L’Anneau d’Or –  Numéro 57-58 – mai – août 1954

 19 mai 2020
[Marie] est avec le Christ, nouvel Adam, l’Ève nouvelle, au principe de la lignée chrétienne. 
Henri Caffarel

Il ne dépend pas de l’enfant qu’il y ait un lien entre lui et sa mère — il peut le renier, il ne peut pas le nier. La dévotion à Marie n’est pas facultative : elle est la reconnaissance d’un fait. Mieux, elle est la reconnaissance du plan de Dieu. Dans ce plan, Marie n’est pas un simple ornement, elle remplit une fonction unique : elle est avec le Christ, nouvel Adam, l’Ève nouvelle, au principe de la lignée chrétienne. Considération que les Pères de l’Église se plaisaient à développer longuement.

L’amour d’une mère est source jaillissante qui ne cesse de recréer l’enfant, pour peu qu’il y consente. Ainsi de Marie. Jour après jour, par elle, médiatrice — n’est-ce pas le mot qui définit au mieux la mission de toute mère ? — la grâce nous parvient, qui peu à peu nous fait semblables à Jésus, le Premier-Né…

L’Anneau d’Or –  Numéro 54– Novembre –Décembre 1953

 18 mai 2020
Elle nous a engendrés à la vie divine, elle est notre Mère. 
Henri Caffarel

Au Calvaire, la collaboration atteint à sa plénitude. Marie, debout, non seulement consent au sacrifice qui sauve tous les hommes (elle-même en tout premier lieu), mais offre ce sacrifice, y coopère très parfaitement. Et c’est pourquoi sa maternité à notre égard, qui date du jour où elle a conçu Jésus, reçoit à ce moment-là une consécration solennelle par la proclamation qu’en fait le Christ mourant. En effet, lorsqu’il s’adresse à Jean, et à travers lui à chacun de nous : « Voilà ta mère », c’est bien cela qu’il veut dire : non pas qu’elle nous adopte comme des orphelins à qui elle tiendra lieu de mère, mais qu’en toute vérité nous devons la vie à celle qui, à la Croix comme à l’Annonciation, a coopéré de toute son âme aux mystères rédempteurs. Elle nous a engendrés à la vie divine, elle est notre Mère, c’est la grande certitude irrécusable.

(À suivre)

L’Anneau d’Or –  Numéro 54– Novembre –Décembre 1953

► 17 mai 2020
Entre Jésus et Marie c’est la plus parfaite union qui sera jamais.
Henri Caffarel

Nous pensions peut-être que la dévotion à Marie était accessoire, facultative. Mais dès que nous la voyons face à face, dans le plein jour d’une foi aimante et éclairée, nous nous apercevons que nous ne pouvons plus nous passer d’elle. Parce que Dieu, pour réaliser son dessein, n’a pas voulu se passer d’elle.

Il a voulu que son Fils naquît d’elle. Enfant de sa chair sans doute, mais plus encore de sa liberté consentante, de son amour. Le lien de chair, lui, à la naissance est rompu, mais le lien de cœur se noue, qui d’année en année ira se resserrant. Entre Jésus et Marie c’est la plus parfaite union qui sera jamais, union dans l’amour du Père, union dans l’amour des hommes. Pas plus qu’il ne s’est passé de Marie pour naître, Jésus ne veut se passer d’elle pour remplir sa mission — et c’est la plus grande preuve d’amour qu’il puisse lui donner. Marie ne s’y trompe pas, au cœur de qui brûle cette « impatience de servir » qui est la forme même de l’amour féminin.

(À suivre)

L’Anneau d’Or –  Numéro 54– Novembre –Décembre 1953