Citations du Père Henri Caffarel

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Nous vivons en ce moment un Carême totalement inédit, qui pourrait même, selon certaines estimations, durer plus de quarante jours.

À côté des nombreuses propositions des diocèses, des paroisses et des mouvements, les Équipes Notre-Dame vous suggèrent de mettre à profit ce temps de retraite pour mieux connaître la pensée du père Caffarel, fondateur de notre mouvement.

Nous vous proposerons chaque jour une courte citation extraite de son œuvre abondante.

31 mars 2020
L’essentiel de l’oraison est dans le « Je veux », c’est-à-dire dans l’adhésion de ma volonté à la volonté de Dieu. Henri Caffarel

Ce qui revient à dire que l’oraison n’est pas affaire d’attention, ni de sensibilité, ni d’activité intellectuelle. Elle consiste en cette orientation que j’imprime volontairement à mon « cœur profond », à mon « cœur nouveau ». […] Il importe avant tout, au commencement de l’oraison, que soit réglé le « pilote automatique », c’est-à-dire le « je veux », par un acte de volonté lucide et vigoureux. 


Il est nécessaire de concrétiser par des mots cette orientation de ma volonté profonde vers Dieu : je dirai, par exemple, « Seigneur, je veux de cette oraison, ce que Tu en veux », « Seigneur, je veux rester exposé à ton regard, comme on s’expose au soleil… ». Tant que je ne me rétracte pas, - et, quoi qu’il en soit des incidents de parcours, distractions, somnolences… - ma prière persiste portée par l’intention du départ. Aussi n’ai-je jamais le droit de penser : « Mon oraison a été mauvaise », ou « je n’ai pas prié », du moment qu’au début, j’ai réglé le « pilote automatique », et qu’en cours de route, de temps en temps, j’ai réaffirmé le « je veux » du début.

Cinq soirées sur la prière intérieure, p. 28-30

► 30 mars 2020
Le seul vrai motif de l'oraison est celui-ci : Dieu est là et il m'attend.
Henri Caffarel

Dieu, Dieu, Dieu : ce simple mot doit remplir ma pensée et mon être. Que mes soucis, mes joies, mes occupations, fondent et disparaissent devant sa Présence. Je n'existe, je ne l'aime que par son existence et son amour. Je ne m'anéantis pas, mais je m'oublie totalement devant lui. Amour gratuit, désintéressé, ouverture sans repli sur soi, telle est la motivation fondamentale qui doit conduire à l'oraison.

Cette motivation se nuance différemment selon l'aspect du visage de Dieu que je contemple. Affronté à l'infinie Majesté de Dieu, le Seigneur du Ciel et de la Terre, le Tout-Puissant, j'adore. C'est le geste initial et fondamental de l'oraison. Mais ce Dieu adorable est aussi mon Père. Devant ce Père d'infinie tendresse, mon adoration se pénètre d'une confiance filiale sans réserve.

Si je m'adresse au Christ, je saurai voir et adorer Dieu en lui, sinon je mériterai la réprimande de Jésus à l'apôtre Philippe : « Voyons, Philippe, depuis si longtemps que tu vis avec moi, tu ne sais donc pas que celui qui me voit voit aussi Dieu, mon Père ? » (Jn 14, 9).

Cinq soirées sur l’oraison, p. 60-61

► 29 mars 2020
Pourquoi vous fatiguer à poursuivre Dieu comme s'il était extérieur à vous ? Il est en vous, au cœur de votre être. Présent, vivant, aimant, actif. Henri Caffarel

Là il vous appelle. Là il vous attend pour vous unir à lui.

Dieu est là, mais c'est nous qui n'y sommes pas. Notre existence se passe à l'extérieur de nous-mêmes, ou du moins à la périphérie de notre être, dans la zone des sensations, émotions, imaginations, discussions... dans cette banlieue de l'âme, bruyante et inquiète. Et s'il nous arrive, de désirer rencontrer Dieu, nous sortons de nous-mêmes, nous le cherchons au-dehors, alors qu'il est au-dedans.

Nous ignorons les sentiers de notre âme qui nous conduiraient en la crypte souterraine et lumineuse où Dieu réside. Ou, si nous les connaissons, nous manquons de courage : se rendre au centre de soi-même, serait-ce une entreprise si ardue.

L'oraison, c'est quitter cette banlieue tumultueuse de notre être, c'est recueillir, rassembler toutes nos facultés et nous enfoncer  vers la profondeur de notre âme. Là, au seuil du sanctuaire, il n'est plus que de se taire et de se faire attentif. Il ne s'agit pas de sensation spirituelle, d'expérience intérieure, il s'agit de foi : croire en la Présence.

Cahiers sur l’Oraison,  n° 223, janvier-février 1989, p. 6-7

► 28 mars 2020
Vos enfants n'ont pas demandé à naître.
Henri Caffarel

Vous avez pris la responsabilité de les lancer dans la terrible aventure de la vie, dont l’enjeu est leur destin éternel. Avez-vous vraiment conscience de cette responsabilité ? Ignoreriez-vous que les forces du mal les guettent et qu’ils ont un impérieux besoin du secours divin ? Oublieriez-vous que « si le Seigneur lui-même ne bâtit la maison, c’est en vain que travaillent ceux qui la construisent ; si le Seigneur ne défend la cité, c’est en vain que veille celui qui la garde » ?

Je voudrais que vous trembliez un peu plus pour l’avenir spirituel de vos enfants et que vous sentiez cruellement votre impuissance. Peut-être qu’alors, regardant la vie du Christ, vous comprendriez ce que c’est d’avoir charge d’âmes et que travailler au salut des siens c’est d’abord prier pour eux. Je parle de la prière vraie qui est violente, hardie, importune, acharnée, inconfusible. Qui est combat avec Dieu : comme Jacob au gué de Jabok, comme Epaphras, dont saint Paul écrit aux Colossiens : « Il ne cesse de lutter pour vous dans ses prières » (Col 4,12). Vous entendez ? Prier c’est lutter.

L’Anneau d’Or, n. 83, septembre-octobre 1958

27 mars 2020
Pères, savez-vous ce qui manque le plus à vos enfants ? [...] 
Henri Caffarel

Ce […] qui leur manque si souvent, c’est que vous priiez pour eux, vous leurs pères.

Dans leurs combats, et ce n’est pas sans combat qu’un enfant, un adolescent, fait peu à peu la conquête de sa personnalité, ils sont rarement privés de conseils —vous n’en êtes pas avares —mais il leur manque que leur père, comme Moïse lorsque ses hommes luttaient dans la plaine, soit en prière sur la montagne.
[…]
Oui, je crois pouvoir affirmer que dans la plupart des foyers chrétiens il manque aux enfants la prière de leur père - et j’entends par prière autre chose que ces formules hâtivement récitées le soir avant de se coucher, mais bien un tête-à-tête prolongé avec le Seigneur, une intercession ardente. Je sais vos objections: «Pas le temps», me disent les uns. Comme si vous ne preniez pas le temps de soigner vos enfants, de vous lever la nuit quand leur santé est en jeu, et de faire tant de choses qui ont un bien moindre degré d’urgence ! D’autres me lancent une objection théologique : « Dieu sait ce dont ils ont besoin, je n’ai pas à le lui apprendre ». Qu’ils m’expliquent alors pourquoi Moïse, Job, le Christ priaient pour ceux dont ils avaient la charge.

L’Anneau d’Or, n. 83, septembre-octobre 1958

► 26 mars 2020
Votre foyer rendra témoignage à Dieu de façon plus explicite encore s'il est l'union de deux chercheurs de Dieu selon l'admirable expression des psaumes. Henri Caffarel

Deux chercheurs, dont l’intelligence et le cœur sont avides de connaître, de rencontrer Dieu, de lui être unis, parce qu’ils ont compris que Dieu est la grande réalité, parce que Dieu les intéresse plus que tout. […]

Un tel foyer est un lieu de culte. Non seulement, en ce sens que les époux sont ses adorateurs en esprit et en vérité, que leurs enfants sont élevés pour être eux-aussi des adorateurs, mais en ce sens également que cet élan d’adoration oriente les cœurs et toutes les tâches à longueur de journée.

Le foyer chrétien est cette Église en réduction dont parlait saint Jean Chrysostome […]. Tous les autres lieux de culte seraient-ils fermés, désaffectés, détruits, comme en certaines régions du monde, la famille chrétienne reste la demeure de Dieu parmi les hommes. Et parce que Dieu y demeure, c’est un lieu où Dieu agit […]. C’est une histoire sainte que l’existence d’un foyer chrétien parce que c’est une histoire conduite par Dieu.

Les Equipes Notre-Dame face à l'athéisme, Rome, 5 mai 1970 

► 25 mars 2020
Aussi, est-ce bien auprès de Marie que les foyers chrétiens apprendront à prononcer une première fois, et puis toute leur vie, le OUI qui est l’âme de leur amour. Henri Caffarel

Toute la vie de la Vierge-Mère, engagée par le OUI de l’Annonciation, fut une continuelle ascension d’amour. Aussi, est-ce bien auprès d’elle que les foyers chrétiens apprendront à prononcer une première fois, et puis toute leur vie, le OUI qui est l’âme de leur amour. C’est  Marie, l’humble servante du consentement, qui apprend à leurs âmes comment on redit et comment on vit chaque jour le OUI du premier jour.[…]

L’amour n’est vrai que s’il persévère. Plus encore : il n’est vrai que s’il grandit, s’il devient plus pur et plus absolu. Sa perfection n’est pas dans l’allégresse de ce OUI printanier que les lèvres échangèrent une première fois ; elle est dans la plénitude alourdie de ses fruits, au tard de la saison, après bien des travaux, des peines et des lassitudes. Ce sont les OUI de la vieillesse au soir d’une vie de fidélité, qui expriment le consentement parfait de deux êtres l’un à l’autre et parachèvent cette union qui en est l’œuvre et la récompense.

LA VIERGE AU FOYER, L’Anneau d’Or, Numéro spécial «Le Mystère de l’Amour», n. 2-3-4, 1945


► 23 mars 2020
L'amour est inventif !
Je voudrais que vos équipes de secteur, vos équipes soient inventives !

Henri Caffarel au Rassemblement des Responsables de Secteur et Responsables d'Equipe à Versailles en 1969